06.07.2008

Un psychiatre souvent capable de discernement et d'analyse

Extrt du blog de Serge HEFEZ.gif

Bonne fête à tous les papas et aussi ts les diabétiques-Jpeg redécoupé.jpg 

Ce texte est un blog du site du journal LIBÉRATION pour le consulter dans son contexte original CLIQUER ICI

27.06.2008

La résidence alternée n'est pas un problème, mais la meilleure des solutions pour les enfants

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Désamour conjugal et excès d'amour parental.gif

L'article des DNA dans la rubrique "opinion" daté du 11/6/08 et intitulé " Point de vue - l'enfant au coeur de la séparation conflictuelle - Désamour conjugal et exès d'amour parental" basé sur une interview de Mme Bigot soulève de nombreuses interrogations parmi les membres de l'Association "Un enfant–deux parents".

L'auteur remet en cause le principe de la résidence alternée, dès le départ de son article, en estimant qu'elle n'entraîne pas un gain réel pour l'enfant, sans s'appuyer sur aucune étude, ni clinique, ni sociologique. Notre association s'élève en faux contre une telle argumentation puisqu'on peut démontrer que les enfants bénéficiant de la résidence alternée consultent significativement moins les services de pédopsychiatrie que les enfants soumis au système de la résidence habituelle chez un parent et d'un droit de visite chez l'autre, système qui instaure un parent principal et un parent secondaire. Ce système inégalitaire et irrespectueux accroît encore le nombre des consultations, lorsqu'il s'associe à une recomposition familiale.

Or, la loi du 4 mars 2002 met en place un système de répartition équitable du temps entre les deux parents afin de maintenir un lien continu et équilibré avec l'enfant. En effet, la fixation de la résidence de l'enfant en alternance au domicile des deux parents assure à chacun qu'il pourra jouer un rôle partagé et équitable dans son éducation, sa santé et finalement son équilibre psychologique, car il est un principe difficilement contestable selon lequel, chacun des deux parents aura les mêmes capacités à assumer ses obligations, ce qui est normalement la régle lorsqu'ils exercent conjointement l'autorité parentale.

Le jugement de Salomon auquel Mme Bigot fait référence prend alors tout son sens, puisque, contrairement à ce qui est dit dans cet article, la résidence alternée évitera justement l'inféodation des enfants à l'un de ses parents. Une telle inféodation résulte malheureusement du fait qu'un des parents se trouve placé en situation de toute puissance, par l'attribution de la résidence de l'enfant à son domicile exclusif. L'article précise que "la garde alternée devient une obligation pour l'enfant qui doit se soumettre à deux lieux de vie, deux modes d'éducation, deux rythmes". Cette affirmation nous semble éminemment problématique, puisque notre association constate que la résidence alternée reste un mode de garde ultraminoritaire, les juges alsaciens continuant de la refuser sans aucun motif.

Au cas où la résidence alternée n'est pas décidée, c'est à dire dans plus de 80% des cas, la question se pose de savoir quel sera le parent choisi pour son mode d'éducation avec le risque précisément d'inféoder l'enfant à celui qui disposera de plus de temps, pour lui imposer son rythme, son mode de fonctionnement et en définitif, l'écarter de l'autre parent. Le désaccord parental se fait souvent sur la question de l'éducation de l'enfant et réduire la résidence alternée à une confusion entre deux modes d'éducation source de souffrances, passe malheureusement sous silence, le fait qu'en attribuant la résidence au domicile de l'un des parents, en situation de désaccord avec l'autre, la justice entraîne précisement une telle inféodation.

Que la parole de l'enfant soit entendue, nous ne pouvons que souscrire à une telle démarche, mais encore faudra-t-il lui permettre de s'exprimer librement, sans enjeu majeur, c'est à dire dès le début de la procédure, avant qu'il ne se soit installé dans l'idée de ne pas déplaire au parent auquel il est confié.

Nous pouvons constater dans notre pratique associative de pressions bien souvent exercées sur l'enfant par le parent gardien. Raison supplémentaire de ne pas instaurer de parent principal et d'écouter l'enfant dès le départ de la procédure avant toute fixation de résidence, d'autant que le dispositif législatif de la loi du 4 mars 2002 prévoit explicitement cette écoute de l'enfant, et son article 373-2-9 permet même au juge de décider de la mise en place de la résidence alternée à titre provisoire y compris en cas de désaccord des parents, dispositif qui oblige les parents à s'entendre et à faire un bilan avec le juge qui peut, de par le dispositif législatif en place, assortir cette décision provisoire d'une mesure de médiation et ceci dès le départ de la procédure, quitte à revoir la situation ultérieurement.

Sans quoi l'enfant est inmanquablement soumis à des pressions dans les divorces conflictuels, pressions difficiles à reconnaître, en particulier lorsqu'elles émanent d'une mère censée protéger son enfant. Une telle vision pèse encore de tout son poids dans une société qui peine à reconnaître une réelle égalité entre les sexes, tant les stéréotypes sont nombreux et en particilier, celui d'accorder les mêmes droits et la même affection à chacun des deux parents.

Pour l' Association « Un enfant-deux parents », JMK et GcjB.

Un reportage digne de ce nom.gif

  « J’ai deux maisons !

La résidence en alternance, une solution adaptée … »

Film documentaire de 52 minutes

Production @tmosphère en images

Réalisation Olivier Borderie

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http://atmosphere.en.images.free.fr

Famille. Sortie d’un DVD boîte à outils de la garde alternée.

CHARLOTTE ROTMAN
QUOTIDIEN : jeudi 3 avril 2008

Elia a six ans. Ses parents se sont séparés quand elle avait un an. Cinq ans plus tard, ils en parlent posément, sans pour autant omettre les difficultés. «Au début, ça m’arrachait le ventre» de la laisser, confie sa mère, qui pleurait dès qu’elle tombait sur un chausson d’enfant. Aujourd’hui, les parents et la petite semblent rodés. Même si les mots ne suivent pas toujours. A l’école, on leur dit encore : «votre femme», «votre mari». «C’est un rôle nouveau celui des parents dans la garde alternée», relève le père d’Elia. Eux évitent l’expression de «couple parental» (classiquement dissocié du «couple conjugal»). Ils préfèrent parler d’une «équipe parentale», de «partenaires» mais au sens «binôme», ou tandem… associés pour le bien-être de leur enfant. Une vision idyllique de la résidence alternée.

Les parents d’Elia, et d’autres, se sont laissés filmer dans un documentaire (1) qui alterne témoignages et interviews de spécialistes (psy, sociologues, juge aux affaires familiales), convaincus que la résidence alternée peut être une solution adaptée. Le film est un outil à usage des parents en voie de séparation. Il est fait pour circuler dans les associations ou les institutions et débattre. Réalisé par Olivier Borderie, lui-même enfant de divorcés, il a l’avantage de dédramatiser ces situations, devenues plus banales depuis le changement de la loi, en 2002, sous l’impulsion de la ministre de la Famille de l’époque, Ségolène Royal. «La résidence alternée, ça veut dire qu’il n’y a pas de parent principal», se félicite le psychologue Gérard Poussin. Les deux ont une importance égale. Il n’y a pas «le vrai parent» et «le parent du week-end».

Clarisse (16 ans), Eloïse (20 ans) et Julie (23 ans) vivent à Grenoble. Leurs parents se sont séparés en 1992. Les deux plus jeunes parlent surtout des difficultés matérielles. Un cartable trop lourd, trop d’affaires à trimballer, trop de déplacements. L’aînée a davantage souffert : «J’ai pas aimé. J’aurais voulu me poser. Ça me bouffait toute mon énergie.» A force d’entendre «tu diras à ton père», «tu diras à ta mère», elle s’est rendu compte qu’il n’y avait «plus de place» pour elle.

Léa et Jessica sont deux jumelles de 12 ans. Le réalisateur les filme en parallèle chez leur père puis chez leur mère. Elles y font la cuisine, leurs devoirs, des jeux. Leurs parents ne se parlent guère. Leur mère trouve que la résidence alternée peut être tout de même «équilibrante». Elle ajoute : «Elles ne sont pas meurtries.» Au montage, on les voit complices… de chacun de leurs parents. Rassurant.

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Le thème du film

Le père et la mère sont deux piliers fondamentaux pour l’enfant. Ils lui apportent avec amour et attention, l’assurance et l’équilibre nécessaires à la construction de sa vie.

La brutale et longue déchirure qu’un enfant ressent lorsque ses parents se séparent peut être fatale pour son affect et son intellect. La séparation du lien avec l’un des deux parents ne peut que lui rendre les choses de la vie encore plus difficile.

La loi du 4 mars 2002 légalisant le partage de la résidence parentale est-elle un bon compromis pour une famille disloquée ?

Garder le lien avec son père et sa mère, rétablir auprès de l’enfant une stabilité et un équilibre de vie, est le but de la reconnaissance de la résidence en alternance par les pouvoirs publics. Partager le quotidien entre ses deux parents semble être pour l’enfant plus important que toutes les contraintes matérielles que cette organisation peut engendrer.

Il semble également que la culpabilité et l’incompréhension qu’il peut développer lors de la séparation semble se résorber grâce la quotidienneté et la proximité parentale que la résidence en alternance propose.

Ce projet repose sur l’expérience de familles alternantes avec des enfants d’âges différents.

 

Des spécialistes des questions familiales interviennent pour argumenter les propos tenus et développer les points important de cette organisation familiale de « résidence en alternance ».

L’expérience de certaines familles sur la résidence en alternance remonte à plusieurs années. En effet, avant la mise en place de cette loi de mars 2002, des parents pratiquaient déjà la « garde alternée » ; nous disposons ainsi d’un certain recul et nous pouvons déjà établir un bilan de cette nouvelle expérience de vie familiale.

 

Film à vocation de projection débat.

Ce DVD Comporte Le film de 52 minutes Chapitré ainsi qu’un bonus : les interviews des spécialistes développant des points importants qui n’ont pu être insérés dans le film.

Ce DVD a le but d’être informatif aussi bien auprès des parents désireux de s’informer, qu’aux professionnels de la justice et du social d’avoir un support de projection/débat audiovisuel.

Note d’opportunité

Chacun développe une individualité sociale qui modifie profondément les relations entre adultes. Les liens conjugaux semblent se briser avec une rapidité déconcertante, et laissent dans leurs sillages les fruits d’un amour complètement désorienté : les enfants…

Auparavant, la loi privilégiait les mères pour la garde des enfants lors du divorce ; puis, l’évolution de la société a révélé chez les pères une demande affective et éducative de proximité auprès de leur(s) enfant(s), concrétisée par une forte revendication autour du rôle et de la place du père concernant le partage de l’autorité parentale.

Cette révolution a finalement permis la reconnaissance et la mise en place, à travers la loi du 4 mars 2002, de la possibilité du partage du « temps d’enfant » entre les deux parents, nommé « Résidence en alternance ».

Et que nous dit cette loi sur ce que c’est aujourd’hui d’être parent ?

Cette loi, votée pour rétablir une certaine équité dans le partage de la fonction éducative parentale auprès des enfants, permet également de rétablir un équilibre de vie affective sans perte du « quotidien » avec la mère et le père.

Les questions que pose la résidence en alternance 

  • Le partage de ce « temps d’enfant » doit-il être rigoureusement équitable, à la minute près ?
  • Comment s’effectue ce partage et qui sont les acteurs qui interviennent lors de sa mise en place ?
  • Les Juges aux affaires familiales appliquent-ils cette loi en toute connaissance des enjeux de chaque famille et de l’âge des enfants ?
  • La médiation familiale peut-elle jouer un rôle important dans la mise en place d’un tel projet ?
  • Cette nouvelle forme de famille engage-t-elle des contraintes financières et matérielles difficiles pour ces nouveaux “mono-parents“ ?
  • Les adultes oublient souvent ou ne voient pas, lors de leur séparation douloureuse, le ressenti de leurs enfants. La résidence en alternance permet-elle aux parents d’en prendre conscience et d’être plus attentifs tant aux besoins affectifs qu’à l’équilibre psychologique de l’enfant ?
  • Pour un jeune enfant, la compréhension du temps varie en fonction de son âge. Comment mettre en place un partage parental équitable évoluant avec les nécessités biologiques du bébé ?
  • Les institutions comme les impôts, la C. A. F., l’Education Nationale ou l’aide aux logements, se sont-elles adaptées à ces citoyens de plus en plus nombreux ?

La résidence en alternance semble être une des « moins mauvaises » solutions pour que chacun retrouve son rang et sa place dans cette nouvelle forme familiale.

Les nombreuses questions qui se posent doivent trouver des réponses. Enfants, parents et spécialistes, par leurs interventions et leurs exemples de vécus, permettent à travers ce documentaire de mieux appréhender et comprendre cette forme familiale originale qui tend à se développer et à se banaliser.

Traitement du film

La parole est aux enfants et aux parents ; des spécialistes interviennent ponctuellement, pour expliquer le bien fondé et les points sensibles de l’alternance familiale.

Les interventions sont partagées entre le père et la mère, ensemble lorsqu’ils s’entendent et séparément s’ils ne veulent plus aucun contact. Les illustrations de vie sont représentatives de ce que les enfants vivent chez leur père et chez leur mère. Le film montre une alternance de séquences illustratives de vécus chez l’un puis chez l’autre, de façon équilibrée. Ces « illustrations de vie » sont tournées sous forme d’image de reportage.

La parole des adolescents

Ils font un bilan de leurs propres expériences : comment ils ont vécu la résidence en alternance et quels sont leurs mots pour améliorer l’alternance selon eux au delà des rancœurs…

La parole des parents

Ils expriment sincèrement et simplement les sentiments qui les ont conduit(e)s à mettre en place avec leur ex-conjoint(e) la résidence en alternance. Les paroles franches apportent des réponses précieuses pour une meilleure compréhension de ce sujet.

La parole des professionnels

Ils développent en fonction de leur spécialité et de leurs expériences, les arguments propres aux thèmes de la résidence en alternance.

 Intervenants professionnels

Gérard Neyrand, Chercheur Psycho-sociologue

Directeur des études du CIMMERS (Aix-en-Provence) ;

Spécialiste de l'évolution familiale et des nouvelles formes de parentalité dans la société moderne.

La culture de vos ados, éd. Fleurus ;

L'enfant face à la séparation des parents. Une solution, la résidence alternée, éd. Syros ;

L'enfant, la mère et la question du père, éd. des Presses universitaires de France.

Gérard Poussin, Psychologue

Responsable du département Psychologie de L’Université Pierre Mendès-France de Grenoble

Comment réussir la garde alternée, éd. Albin Michel

Les enfants du divorce, avec Elisabeth Martin Lebrun, éd. Dunod

Guy Corneau, Psychanalyste - auteur

Père manquant, fils manqué, éd. de l'Homme, 1989 et 2003

L'amour en guerre, éd. de l'Homme, 1996 et 2004

La guérison du cœur, éd. Robert Laffont, 2000 et éd. J'ai lu, 2002

Victimes des autres, bourreau de soi-même, éd. Robert Laffont, Paris, 2003

Le meilleur de soi, éd. Robert Laffont, Paris, 2007

Série Télévisuelle Hebdomadaire « Guy Corneau en atelier » sur Canal Vie (TV du Québec) http://www.guycorneau.com

 

Mme Fabre Devillers, Juge aux affaires familiales auprès du tribunal de Versailles.

Elle a statué pour la mise en place, de nombreuses fois, pour la résidence en alternance.

 

Intervenants enfants et parents

Famille Bernard

Elia Bernard, 6 ans, vit l’alternance depuis l’âge de 1 an. Les parents s’entendent très bien, ils sont restés cordiaux, se voient souvent et n’hésitent pas, pour Elia, à organiser ensemble des moments de vie. Intervention parentale en commun.

Les deux parents vivent en Avignon proches l’un de l’autre.

Famille Arnaud

Les trois sœurs Arnaud vivent l’alternance depuis 1992, Julie 23 ans, Eloïse 20 ans et Clarisse 16 ans. Les parents ne s’entendent pas, ne se voient jamais et les rares conversations téléphoniques sont très difficiles.

Seule, l’interview des trois sœurs nous présente leurs vies (pas d’intervention parentale).

Clarisse (4 ans en 1992 la plus jeune) ne s’est pas rendue compte que cela ait été quelque chose de spécial. Elle ne se souvient pas de ses parents ensemble.

Eloïse (9 ans en 1992 la cadette) à été ravie de ce partage entre son père et sa mère.

Julie (12 ans en 1992) n’a pas du tout apprécié et a plutôt subie l’alternance comme enfant « facteur » en tant qu’aînée et responsable de ses deux jeunes sœurs.

Les deux parents vivent à Grenoble, proches l’un de l’autre.

Famille Ferreira

Léa et Jessica Ferreira, sœurs jumelles 12 ans (en résidence en alternances depuis 3 ans). Les parents ne s’entendent pas du tout. Aucun contact, le strict minimum par téléphone deux fois par an. Intervention du père et de la mère séparément.

Les deux parents vivent en région parisienne, proches l’un de l’autre.

Famille Lartigue

Claire Lartigue 12 ans, vit l’alternance depuis l’âge de 2 ans et demi. Au début 8 jours puis depuis les 4 dernières années vit l’alternance sur 1 an.

Un an à Biscarosse auprès de son papa avec une école sur place et un an sur Paris avec sa maman dans une école parisienne.

Les parents ont beaucoup de difficultés de contact, mais s’arrangent pour que cette alternance existe.

Intervention des deux parents, le papa vit à Biscarosse et la maman vit à Paris.

Le bonus des 3 spécialistes sur le DVD

Gérard Poussin, psychologue

Les usages sociaux : comment être une bonne mère ?

Il constate le poids et le conformisme des usages sociaux qui déterminent le fait d'être une "bonne mère". Il faut dépasser ce que ces usages établissent comme codes réducteurs pour les mères.

Revenir à une situation dynamique

Après l'échec de la séparation parentale, la résidence en alternance semble être la meilleure solution pour recréer entre père et mère, un nouveau dynamisme familiale...

La Loi et le temps de l'enfant

La Loi n'est pas là pour résoudre les problèmes d'organisation du temps d'enfant entre les parents. Cela doit se faire de façon réaliste et logique en fonction de l'âge de l'enfant.

 

Gérard Neyrand, psychosociologue

Évolution des modèles naturalistes

Une explication de l'évolution des modèles sociaux de la famille et des comportements humains.

La justice à l'écoute des parents

Ou comment les choses se sont mises en place dans l'institution judiciaire.

Historique des séparations et de l'autorité parentale partagée

Étude des trente dernières années sur les séparations familiales et l'évolution de l'autorité parentale partagée.

 

Guy Corneau, psychanalyste

Les lois, les usages et la médiation au Québec

L'état des lieux au Québec, et conseils avisés sur la médiation familiale.

Les conséquences de la séparation parentale chez les enfants

Les difficultés des adolescents face à la séparation parentale.

Assumer sa responsabilité de parent

La résidence en alternance permet aux parents d'assumer cette responsabilité et donne aux père la possibilité d'établir une paternité qui n'était peut-être pas aussi évidente avant.

Les paroles doivent venir du cœur

Les paroles de mea culpa des parents peuvent vraiment, lorsqu'elles sont dites avec le cœur, changer beaucoup de chose dans la vie d'un enfant .

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17.06.2008

Le statut du beau-parent par JMK

J'ai le grand honneur de laisser la plume à notre secrétaire et juriste Jean-Marc qui a rédigé ces  quelques réflexions de fond à propos de la question du statut du beau parent. Par conséquent, je reprendrai notre réflexion juridico-psychologique sur les parentalités brisées ultérieurement. Place à l'actualité qu'on peut qualifier de brûlante, puisqu'en notre toujours belle région une nouvelle vague de remise en cause de la résidence alternée semble poindre. Nous y consacrerons également une très prochaine note. GcjB

A propos d'un projet de loi sur le beau parent

Le projet de loi qui vise à accorder plus de droits au beau parent constitue une mauvaise réponse à un problème de société.

Le projet de loi semble répondre à un besoin qui est celui des parents devant assumer seuls des enfants et qui se reposent sur un conjoint ou un tiers de substitution. Il convient de s'interroger à la fois sur les raisons d'une telle situation et sur les moyens de remédier à ces absences, en s'efforçant toujours, autant que possible, de restaurer l'autorité parentale défaillante.

En effet, sur le strict plan du droit et selon les dispositions du code civil, les deux parents exercent conjointement l'autorité parentale sur leurs enfants et même en cas de séparation ou de divorce, ce principe demeure, car seule l'autorité du juge garant des libertés individuelles, permettra d'en réduire la portée. Il ne pourra s'agir que d'une mesure justifiée par les circonstances, décidée, au cas par cas, pour défendre l'intérêt de l'enfant. Ce principe d'autorité conjointe est le corrolaire de l'égalité des droits, principe défendu par les lois de la République depuis 1789 et ininterrompu malgré toutes les évolutions de notre société.

Or, un tel droit parental exercé conjointement par les deux parents, ne saurait être divisé, en étant attribué à un tiers pour des motifs qui ne résultent pas de la défaillance de l'un des parents mais du simple fait, du mariage ou du remariage de l'autre parent. Une telle automaticité, sans l'accord de l'autre parent, entraînera une perte d'autorité de facto, chez le parent n'ayant pas le bénéfice de la résidence principale de son enfant.

En conséquence, à moins d'une défaillance, l'autre parent ne pourra sans donner son consentement, accorder le partage de son autorité parentale avec un tiers, sans subir un grave préjudice et à être disqualifié, voire nié dans sa parentalité. Osons le rappeler, dans la plupart des cas, il s'agira de renforcer la toute puissance du parent gardien et en particulier celui de la mère. Ce transfert d'autorité prévu par la loi est lourd de portée, car il vise tout simplement à nier encore plus le droit du parent non gardien, sans aucun contrôle du juge et surtout, sans que celu-ici puisse exprimer quoi que ce soit.

D'ailleurs, le code civil prévoit, en cas de nécessité, la possibilité de délégation d'autorité à un tiers, transférant ce droit temporairement pour des raisons de nécessité et en cas de conflits, sous le seul contrôle du juge. Le législateur ne saurait décider de transférer un droit parental à un tiers qui serait le beau parent, mettant en cause le principe même de l'autorité égale entre les deux parents.

En effet, cette délégation entraîne des conséquences non négligeables sur l'éducation, la santé et l'équilibre psychologique d'un enfant. Attribuer un droit parental à un tiers de manière systématique, sans qu'aucune carence n'ait été constatée par le juge, conduit à remettre en cause le principe même d'égalité des droits entre les deux parents.

Jean – Marc K., «Un enfant-deux parents»

16.05.2008

Enfin de retour

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1)  D'un voyage dans la région du Bodensee (lac de Constance), je reviens avec des intentions de travail sur la parentalité brisée que je commencerai à réaliser très prochainement avec l'introduction à un dossier à ouvrir sur les trajectoires humaines de ces parents qui ne voient plus du tout leur enfant, et le véritable engrenage judiciaire et affectif dans lequel ils se trouvent pris, les conduisant à n'avoir plus de nouvelles de leur enfant. (Parfois depuis 6 ans).

2) Nos réunions du groupe de parole se poursuivent et m'apparraissent tout à fait intéressantes, mais nous avons également éprouvé le besoin de passer à l'écrit et de fixer une nouvelle réunion pour aider l'un d'entre nous à rédiger un texte qui à n'en pas douter servira à l'éclaircissement de sa situation de parent. Lui aussi sans nouvelles de son fils depuis plus d'un an et demi nous réfléchiront avec lui le 29 mai 08 et poursuivront notre groupe de parole à la date prévue du 19 juin 08.

3) Je signale la modeste production d'un nouveau tout petit chapitre intitulé  La mère plus incertaine que le père ? dans notre wiki.

Ce texte qui poursuit une réflexion générale quant à l'égalité parentale découvre au contraire une disymétrie qui ne va pas du tout dans le sens de ce qui est habituellement admis.

Il démontre, je crois, que c'est en toute incohérence logique que la mère est considérée comme toujours certaine. La certitude maternelle et l'absolutisme visant à supposer au départ de toute chose une prétendue relation fusionnelle entre la mère et l'enfant ne peuvent être trouvés ailleurs que dans le fantasme.  

  GB.

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Statue trônant dans le port de la ville de Constance en Allemagne.

02.04.2008

Les pères auraient disparus en Alsace

 AVIS DE RECHERCHE

Les pères ont ils vraiment disparus dans le Bas-Rhin?

Tout porte à le croire si on s'en tient aux conférences ou colloques qui viennent marteler l'affirmation de la prétendue absence ou désertion des pères en notre belle terre, comme pour essayer de nous en convaincre à force de répétition.

On croyait ce genre de manipulation terminée et que l'époque du père absent et carent appartenait à l'histoire qui avait vu son apparition en même temps que la destitution bien nécéssaire de la toute puissance paternelle dans la loi.

Et bien non, la présentification du père comme nécéssairement absent n'a pas disparue en Alsace.

 

 Le 1er avril 2008, c'est à la Maison de l'Enfance à Strasbourg que les parents sont invités à s'interroger autour du thème «Où sont les pères?»

 

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Le 2 avril 2008 c'est à Sélestat que s'entonne un tonitruant «Pères, où êtes vous? »

 

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Coïncidence étrange, retour dans le réel social d'un forclos du symbolique, 2 conférences, coup sur coup à 24 heures d'intervalles viennent développer le même thème.

Est-ce l'affirmation d'une vérité sociale actuelle ou l'étalage d'un conformisme poliquement correct issu de la synchronisation de la revendication féminine moderne face au travail avec la redécouverte d'une vieille question freudienne développée à partir de la société viennoise du 19 ème siècle où il est vrai les hommes ne s'occupaient guère des enfants?

Mais qu'en est-il dans la réalité ?

2 couples sur 4 divorcent dans les grandes villes et environ 85 % de ces enfants du divorce sont confiés à leur mère et ne bénéficient que d'un droit de visite chez leur père. Droit de visite qui a la plupart du temps une durée absolument incompatible avec l'exercice d'une charge parentale effective. Les décisions de résidence alternées restant négligeables, on se retrouve avec une mathématique imparable : 2 femmes sur 4 doivent effectivement se consacrer aux enfants en plus de leur travail. Mais en quoi cette vérité mathématique signifierait elles que les pères ont disparus?
 

Cette situation des femmes se trouvent être précisément le résultat de l'exclusion des pères de la vie de l'enfant par les décisions de justice lors des séparations parentales et n'est aucunement dûe à l'attitude des pères. J'insiste, il s'agit là d'une vérité mathématique que chacun pourra vérifier s'il prend la peine de réfléchir à la signification que revêt une décision de juctice qui oblige le père à ne voir son enfant qu'un jour voire 2 tous les quinze jours. Avant de faire de grandes conférences au sujet de la prétendue absence du père il faudrait avoir le courage de regarder la vérité en face!

Non le miracle de la fonction symbolique que l'on attend du père, qui porte en l'occurrence bien son nom n'a pas leu lieu ! En ne voyant son enfant qu'un jour ou 2 par semaine il ne peut pas aider la mère à son émancipation professionnelle.

On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.

Si on veut l'égalité des hommes et des femmes face au travail il est clair qu'il faudra au préalable une égalité du père et de la mère face aux responsabilités éducatives réelles et concrètes. Or, les résidences alternées ne sont décidées que dans 8% des cas.

Au plan logique, seules des décisions de residence alternées systématiques pourraient permettre une réelle émancipation des femmes face au travail !

GcjB

21.03.2008

Statut du beau parent : quelle place pour la coparentalité légitime?

Hélas,

Il semble que personne ne soit en mesure de faire entendre raison à l'urgence de légiférer à l'oeuvre actuellement dans notre pays qui vient subrepticement toucher la question la plus importante de toutes : le devenir de la fonction parentale.

Il s'agit là à notre avis de l'intention légiférante la plus importante puisqu'elle touche à la structure même des statuts et donc des relations au sein de la famille.

Nous avions demandé à être interlocuteurs de la délégation interministérielle à la famille dès le mois de septembre 07, la réponse du ministère vient seulement de nous parvenir.

Elle est datée du 11 mars et survient 6 mois après notre sollicitation, c'est à dire juste avant le remaniement ministériel qui a vu la nomination de Mme Nadine MORANO comme secrétaire d’État chargé spécifiquement de la Famille.

Par  ce courrier  le ministère nous signale clairement que la question du galvaudage de la fonction parentale (en l'occurence paternelle) tient à coeur personnellement à notre président de la république. Aucun autre argument que la volonté personnelle du Président n'est appelé pour justifier la mise en place de l'attribution de droits au beau parent. Aucune nécéssité psychologique ou sociale n'est invoquée, pas plus que l'intérêt de l'enfant ou la question d'un renforcement de l'autorité parentale conjointe.

Ceci nous semble très inquiétant puisque c'est la question des droits confiés à d'autres que les parents, qui est ici abordée sans aucune concertation avec les associations alors que cette question est au coeur de l'avenir de nos enfants et donc de notre société.

Aucun état des lieux ni information sur l'avancée des travaux et négociations ne nous est fournie.

Voici l'intégralité du courrier qui nous a été adressé.

                                                                                                                       

Monsieur,

Je fais suite à votre courriel du 18 septembre 2007 adressé à Monsieur le Premier Ministre et qui a retenu toute mon attention.
Le projet d'un statut légal du beau-parent est un sujet important pour le Président de la République et pour le gouvernement. Le ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité a pour mission de créer un tel statut en étroite collaboration avec la ministre de la justice.
Dans le cadre des travaux actuels de réflexion et d'élaboration d'un projet, il n'est cependant pas question de porter atteinte aux intérêts du parent biologique, ni de remettre en cause le principe de l'autorité parentale conjointe ou encore d'oublier le parent non gardien.
Votre témoignage permettra certainement d'alimenter cette réflexion.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
Olivier PERALDI

                                                                                                        

Comme on le voit, ce courrier ne nous donne aucune raison d'espérer un renforcement de la coparentalité. L'opacité est totale à son sujet. Il conviendrait donc d'interpeller maintenant Mme Nadine MORANO sur cette question.

En attendant vous pouvez vous exprimer sur notre forum : http://unenfant-deuxparents.forumpro.fr/non-a-un-statut-l...

GcjB
Président de l'association "un enfant-deux parents"

 

22.02.2008

Attention à ne pas instrumentaliser les enfants au pretexte du devoir de mémoire

Au-delà des sangs qui se glacent dans les veines mais qui vont très certainement se réchauffer bien vite avec le printemps qui arrive, en quoi la (dernière) décision de confier la mémoire d’un enfant juif mort à un enfant français vivant est-elle gênante, et fait figure de goutte d’eau de trop.

Cette initiative est gênante parce qu’elle n’est qu’un nouveau volet d’une attitude tout à fait problématique à l’égard des enfants et de leur parents.

Cette fois c’est à un enfant mort (qu’il soit juif ou non) que nos enfants se devraient de s’identifier en adoptant son nom. Mais cette proposition n’est que la dernière de toute une série qui vise les enfants et les met en première ligne.

Rappelons nous tout de même cette autre idée, (pour l’instant encore en sommeil à ce qu’il semble), qui visait à donner des droits au beau parent, et donc à galvauder le principe de l’autorité parentale en le démultipliant. Diviser pour régner, en somme.

Je passerai presque sur cette idée qu’à partir du comportement de l’enfant qui serait à cataloguer et à surveiller dès le plus jeune âge, (3 ans), on devrait pouvoir évaluer son risque de sombrer dans la délinquance, avec bien sûr cette conception qu’à la base c’est son milieu familial qui le défavorise. Pourquoi ne pas laisser Mr B. ex prof de pédopsychiatrie, détracteur de la résidence alternée, mettre au point son test de salive pour repérer encore mieux le stress de l’enfant jeune et déterminer s’il est dans un milieu familial adéquat ou non?

Bien sûr, il n’y a pas de parents idéaux, il est vrai que certains parents ont des attitudes pathologiques, mais pourquoi ce désir continu de toujours court circuiter les parents ?

N’oublions pas que l’enfant n’est pas un adulte, il n’est qu’en phase de latence. C’est même au prix d’un refoulement que l’enfant peut se structurer, à la différence de l’adulte pour qui le refoulement constitue un mécanisme de défense psychique.

Tout ceci ne veut pas dire que nous, adultes, n’avons pas à  parler à nos enfants et à les écouter, pour tenter de leur transmettre quelque chose des avatars de la pulsion de vie.

Mais à qui cette mission de transmettre incombe-t-elle, et sur quoi doit-elle porter ? Doit on tenter de figer l’histoire des uns et la faire porter par les autres, telle quelle, sans aucune tentative de comprendre la face cachée de la nature humaine y compris les horreurs qu’elle recèle ?

Comment oser imaginer qu’on puisse maîtriser quoique se soit de ce qu’on tente de transmettre à un niveau social si on rompt avec l’axe même de la transmission, à savoir la relation parent-enfant-enseignant.

Bien sûr l’école de la république a un rôle à jouer dans la transmission des règles morales et civiques, mais voudrait-on qu’elle se substitue aux parents dans ce domaine?

Les parents et les enseignants ne sont pas en rivalité. La transmission des valeurs humaines ne peut se faire que dans une dialectique parent-enseignant.

En aucun cas, elle ne se décide par la volonté d’un seul, quel qu’il soit, fût-il aux manettes.

N’oublions pas que le principe essentiel de l’autorité parentale est toujours inscrit dans la Loi, qu’on le veuille ou non. Ainsi, les parents ont encore droit et devoir de regard sur ce qui s’enseigne à leurs enfants, et surtout de surveillance quant à leur santé psychique.

Par conséquent, nous parents, nous devons nous interroger : quelle est la finalité de cette décision qui vise les enfants dans le devoir de mémoire ?

Le schéma me semble le suivant :

Afin que l’innommable commis à l’égard d’enfants de notre pays il y a 60 ans par des adultes ne se reproduise plus, on va dire aux enfants actuels, dès le CM2, ce qui a existé pour de vrai, avec l’espoir qu’il se feront eux-mêmes, plu tard, une fois adultes, les défenseurs d’une humanité toute pure débarrassée de tout risque de génocide.

On ne peut se cacher que cette idée n’est pas sérieuse et s’interroger sur le fantasme ou la stratégie qui la sou tend.

Car de tout temps les hommes ont commis des génocides et notre actuel président n’est pas le premier à en avoir été ému. Et il faut bien dire que des génocides il y en a encore eu très récemment, et que celui à l’égard des enfants juifs n’a donc pas été le seul. Comme si de stigmatiser un génocide parmi tous ceux ayant existé permettait d’effacer de la mémoire tous les autres. Malheureusement, nous sommes obligés de dire notre impuissance à prévoir ces horreurs et à les empêcher.

Ainsi, pourquoi obliger des enfants de 9-10 ans à retenir le nom d’un autre enfant, mort? Y aurait-il quelque chance par ce procédé qui vise uniquement les enfants d’empêcher ce type de comportement génocidaire des adultes ? Pourquoi un enfant ? Qu’elle est cette valeur particulière qu’on veut donner à la mort d’un enfant dans le fonctionnement génocidaire.

Jusqu’à preuve du contraire la shoah a été un acte orchestré par des adultes, pas par des enfants.

Loin de nier les pulsions de mort aussi à l’oeuvre chez les enfants, ce type de destruction systématisé est le fait d’adultes. Alors pourquoi vouloir impliquer les enfants en éveillant chez eux des sentiments morbides bien inutiles.

Serait-ce une tentative de jouer sur les ressorts du sentiment de culpabilité ? Mais alors, si tel est le cas, il y a un problème: les enfants n’ont pas à se sentir coupables pour un acte qu’ils n’ont pas commis puisqu’il est le fait d’adultes. Les enfants, au contraire des adultes, s’ils peuvent avoir le sentiment du bien et du mal et donc de la faute doivent pouvoir se les représenter à leur échelle. En avoir une conscience tout à fait concrète à partir d’actes qu’ils pourraient se représenter commettre.

En principe, un enfant a le sentiment de justice et de loyauté, il sait que s’il commet une faute, il sera puni. Donc, il peut accéder à la responsabilité de ses actes, mais de manière tout à fait concrète par rapport à des fautes qu’il a lui-même commises ou vu commettre par d’autres enfants, et qu’il peut comprendre. Il structure sa conscience morale par rapport à ses propres fautes d’enfant, pas à travers les fautes de ses ancêtres.

Au pire, l’enfant peut s’identifier à l’agresseur et devenir à son tour violent s’il a subi de la violence ou projeter la violence interne chez l’autre, mais en aucun cas il ne pourra se représenter à des fins structurantes ce que les adultes eux-mêmes n’arrivent pas à endosser, dès lors qu’en plus l’agresseur est positionné comme anonyme, désincarné, noyé dans le social.

Qu’est-ce que cela peut vouloir dire que de faire prendre conscience à l’enfant que les adultes aussi commettent des fautes, bien plus graves, irréparables même? Qu’en outre ces péchés ultimes le visent lui, l’enfant, et en font une victime particulière ?

Et si l’enfant pose des questions sur les raisons de ces actes innommables et les recettes pour les éviter à l’avenir, que pourra lui répondre l’adulte qu’il aura en face de lui? Surtout si ce dernier est un fonctionnaire qui a mission de transmettre un savoir. A quoi cela sert-il d’apprendre par cœur l’horreur? Consciemment, tout le monde connaît l’interdit fondateur de la société du « tu ne tueras point ton semblable ».

Et pourtant la mondialisation de la violence existe!

Les adultes n’ont absolument pas besoin des enfants pour l’exercer. On peut même dire qu’elle est partout. La question est donc bien de savoir quel modèle les adultes offrent aux enfants. Nul besoin d’aller chercher une  « faute originelle », il suffit de regarder la folie ordinaire, au départ surtout localisée outre atlantique qui voit toujours plus régulièrement les adolescents éliminer par balles la moitié de leur lycée, et qui arrive maintenant dans notre belle europe. Pourquoi choisir le modèle d’une faute désincarnée, et sans aucun rapport avec une folie supposée ?

On a donc nettement l’impression que face à cet innommable de la barbarie humaine, qui vise l’autre et non pas spécifiquement les juifs ou les enfants, ce procédé qui implique les enfants revient à leur demander d’être des adultes avant l’heure, et même d’accepter le poids d’une faute sociale désincarnée, et donc impunie afin de décharger les adultes de leur propre culpabilité et de leur permettre de se refaire une conscience.

En tous les cas, telle qu’annoncée au départ, dans l’intention initiale, cette mesure procède à l’évidence d’une confusion des générations et d’un très mauvais positionnement de la question de la responsabilité qui incombe aux adultes et en particulier aux parents, pas aux enfants. Dans le meilleur des cas, les enfants ne peuvent prendre cette annonce qu’en terme de faute commise, dont ils auraient à répondre, pas comme une responsabilité sociale qui leur incombe. Le drame serait qu’ils se sentent responsable.

Ce qui en principe pourrait très bien arriver.

Il faut se demander ce que transmettront à leurs propres enfants, ces enfants à qui on aura demandé de s’identifier à un mort. Mais à un niveau social, cette mesure renforcera immanquablement l’idée stupide qu’il y a des peuples prédestinés à produire des victimes jusqu’à la fin des temps et d’autres seulement aptes à constituer des bourreaux.

La question n’est donc pas de transférer cette charge de l’innommable aux enfants, mais de prendre conscience, qu’en plus de la folie, la barbarie existe potentiellement en chaque être humain socialement constitué. La question étant de savoir comment l’un et l’autre s’articulent, pas de mettre en place à la va vite des mesures hypocrites et surmoiques.

Encore une fois, si l’enfant est en phase de construction quant à la conscience morale, l’adulte, lui, est censé en avoir une, de conscience. C’est donc à lui de transmettre à l’enfant.

L’objet de la transmission ne peut être délibérément le sentiment de la faute. L’enfant a déjà ce sentiment dès lors qu’il parle. Non, il doit plutôt porter sur la manière de rester humain dès lors qu’on fait partie d’un système social fou. (cf la liste de Shindler)

L’adulte digne de ce nom a donc à faire comprendre la noblesse de la résistance civique face à la barbarie systématisée. Il y a là une gageure et un paradoxe.

C’est sans doute pour cette raison que j’écris ces lignes.

Mais j'invite vivement les lecteurs à lire le point de vue de Serge Héfez http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/ et aussi à considérer la pétition lancée par le Nouvelobs contre cette instrumentalisation de l'enfant http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080...

Georges BLOND

 

03.02.2008

Prochaines réunions

1) Les permanences ouvertes au public les 2èmes mardis du mois de 18 H 30 à 20 H 00

Snack Michel  20, avenue de la marseillaise 67000 STRASBOURG

prochaines dates : 12/02/08, 11/03/08, 8/04/08, 13/05/08, 10/06/08, 08/07/08, 12/08/08, 09/09/08, 14/10/08, 04/11/08 et 09/12/08.

 

2) les ateliers ou groupe de parole réservés aux membres de l'association en principe chaque 3ème jeudi du mois, sauf en cas de vacances scolaires (ces réunions seront plus fréquentes si la demande s'en fait ressentir)

 locaux de l'Association EUTOPIC de 19 H 30 à 21 H 30.
 
Prochaines dates 
jeudi 28 février 2008
jeudi 20 mars 2008
jeudi 17 avril 2008
jeudi 15 mai 2008
jeudi 19 juin 2008
jeudi 17 juillet 2008
jeudi 21 août 2008
jeudi 18 septembre 2008
jeudi 16 octobre 2008
jeudi 20 novembre 2008

GB

12.01.2008

L'Education Nationale mauvais élève pour le respect de la coparentalité?

Comme promis, je reviens sur cette question de l'exercice effectif de son rôle par le parent qui ne vit pas avec son ou ses enfants, c’est à dire qui ne dispose que d’un droit de visite, élargi ou non.

Je dirai à ceux qui sont dans cette situation depuis peu qu'il va falloir bien s'accrocher pour exister réellement en tant que parent pour certaines institutions. Je serai même prêt à parier que ceux qui sont déjà des «parents du week-end» depuis un certain temps connaissent cette difficulté pour exister réellement en tant que parent dès lors que la résidence des enfants n’a pas été fixée officiellement à son domicile.

Si nombre d'institutions «bougent», comme les impôts, ou les allocations familiales, pour reconnaître l’importance des deux parents, on constate malheureusement qu’il n’en va pas de même de l’éducation Nationale. En effet, celle-ci continue à travers certaines de ses écoles, collèges, ou lycées de tirer la jambe et de mettre un frein à la coparentalité et au principe fondamental de l'exercice de l'autorité parentale conjointe.  La mission fondamentale de l’Education Nationale devrait être d'aider à transmettre aux enfants et aux jeunes les valeurs civiques essentielles du respect de la liberté d’autrui, de la non-discrimination et de l'égalité, toutes valeurs qui figurent au frontispice de la République. Quelle incohérence donc, lorsqu’on constate que dans de nombreuses académies françaises, on tolère de n’enregistrer qu’un seul parent en tant que représentant légal de l’enfant, et une seule adresse officielle. Une telle procédure fait fi du respect de la résidence alternée et de la double domiciliation qui attribue très clairement à l’enfant deux adresses. Dans certains cas, cette ignorance totale du deuxième parent aboutit à une forme de discrimination parentale.

Hypocritement, il semble être attendu des heureux parents bénéficiant de la résidence alternée qu’ils dérogent eux-mêmes au jugement dont ils ont bénéficié et désignent l’un d’entre eux comme le seul  représentant légal. "Je ne veux voir qu’une tête, pas deux ".

Cette attitude correspond à un retour en arrière de plusieurs décénies, à la période d’avant l’autorité parentale conjointe.

Ce fonctionnement est au final, non seulement négatif psychologiquement pour l’intérêt des enfants, mais il  est également parfaitement illégal. Le plus grave est que ce refus profond du principe de la coparentalité a des conséquences négatives au quotidien pour des milliers de parents français.

Ainsi confrontés à cette logique institutionnelle et à leur hiérarchie, de trop nombreux chefs d’établissement n’adressent, par défaut, aucune information importante, voire aucune information du tout, relative à la vie scolaire de l'enfant au parent considéré comme secondaire ou mineur puisque ne vivant pas avec lui, (même si l’adresse et l’existence de ce parent sont connus de l’administration). A moins bien sûr, que le parent écarté n'entre dans la procédure pour faire valoir ses droits de parents.

Cette attitude de non reconnaissance automatique des deux parents est tout à fait anormale.

Car, non seulement, elle est illégale, mais elle produit invariablement une blessure psychologique chez le parent lésé et écarté qui se sent ainsi déconsidéré, désinvesti, non reconnu en tant que parent par une institution symboliquement importante. 

Mais, plus grave ce parent peut être également déconsidéré aux yeux mêmes de son enfant quand celui-ci est petit,  quand il prend conscience que son enseignant pour lequel il a de l’estime n’envoie pas son bulletin à l'un de ses deux parents.

Cette attitude est d’autant plus inacceptable que nous sommes en 2008 et que les séparations parentales, et les déménagements intempestifs avec enfants et bagages se sont notoirement multipliés, mettant parfois de grandes distances entre l’enfant et l’autre parent, ce qui impose encore plus l’envoi des informations au parent éloigné.

En outre, en l’absence de ces informations auxquelles il a droit, le parent privé et éloigné de la résidence de l’enfant est dans l’incapacité d’assumer ses responsabilités et d’accomplir le devoir de surveillance et de secours vis-à-vis de son enfant tel qu’il lui incombe de par l’autorité parentale dont il demeure investi. Ce qui impose encore plus, si besoin était, la nécessité d’une égale information des deux parents séparés.

Nous rappelons que le législateur a depuis longtemps consacré ce principe essentiel du partage des responsabilités et des devoirs des deux parents face à l’éducation de l’enfant qu’ils soient séparés ou non. Ces dispositions sont rappelées par la loi n° 2002 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, et par de nombreuses circulaires et instructions ministérielles. Tout ceci oblige donc les parents les plus soucieux de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants à demander à l’établissement scolaire la communication de ces informations qu’ils auraient dû recevoir. Demande légitime, s’il en est, qui, malheureusement, bien souvent, les fera passer pour menaçants ou revendicateurs.

Pour notre part nous pensons que cette demande d’informations au sujet de l’enfant à l’établissement scolaire qui l’accueille est tout à fait indispensable à faire à plus d’un titre.

Au plan psychologique, ça n’est pas du tout négatif que de poser cet acte d’existence en tant que parent. Acte sans lequel on en resterait à un exercice affectif de la parentalité, mais pas effectif ni officiel ou légal. La surestimation des vertus affectives et de l’existence symbolique (in absencia), et à distance, produisent à terme l’évanescence puis la disparition du lien parental «de visite», et de l’existence concrète de ce parent positionné imaginairement comme secondaire. Il convient donc pour ce parent écarté de la vie scolaire de son enfant, de marquer par la parole, en l’occurrence par un écrit, son existence dans le réel et le symbolique.

Au plan juridique, cette demande écrite que nous conseillons vivement d’adresser à l’établissement ou votre enfant est scolarisé est également tout à fait importante, puisqu’elle permet d’éviter le reproche hypocrite d’un manque d’intérêt pour la vie scolaire de l’enfant. Et donc d’une suspicion de carence d’autorité. Pour être cohérent avec nos conseils, notre association vous propose sur notre wiki, un modèle de lettre à adresser aux établissements.

http://unenfant-deuxparents.metawiki.com/Mod%C3%A8ledelet...

 Force est de constater que le respect du rôle et de la fonction du parent chez lequel l’enfant ne réside pas ne va pas de soi. Le droit de visite est communément admis comme largement insuffisant pour élever son enfant, à fortiori si les institutions ne respectent pas le principe de l’autorité parentale conjointe.

Avant de conclure, une petite anecdote clinique.

Un jour, un psychologue travaille avec une enfant de 9 ans qu’on lui demande d’aider parce qu’elle manifeste un comportement de désinvestissement scolaire invalidant.

Il entend encore et toujours la mère se plaindre du manque d’intérêt du père de l’enfant pour la scolarité de sa fille. La mère est séparée et s’est remariée voici plusieurs années. L’enfant vit avec sa mère et le mari de celle-ci. Les deux parents habitent des communes distantes d’à peine 50 kms.

La mère prévient le psychologue que jamais le père ne se déplacera pour le rencontrer pour un entretien tellement il se désintéresse de sa fille, et que de toutes façons il a lui aussi refait sa vie, et ne manquera pas d’invoquer la distance entre son domicile et le lieu de consultation.

Le psychologue fait son travail et invite néanmoins le père.

Contrairement à ce qui était annoncé le père vient à l’entretien prévu. Un peu sur la défensive, il se présente non pas comme se désintéressant de sa fille, mais comme ayant été exclu de son éducation.

Le psychologue lui demande en quoi.

Le père répond qu’il n’a jamais été informé de rien concernant la scolarité de sa fille, son ex femme ne lui transmettant pas les bulletins.

Le psychologue lorsqu’il la revoit se perme